Débat de société ; L’avortement.

L’avortement ou IVG (interruption volontaire de la grossesse) se défini comme : l’interruption avant son terme du processus de gestation, c’est-à-dire le développement qui commence à la conception par la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde formant ainsi un oeuf, se poursuit par la croissance de l’embryon, puis du foetus, et qui s’achève normalement à terme par la naissance d’un nouvel individu de l’espèce.

Jusqu’ici la définition semble claire. Mais d’un point de vue religieux, la question est : À partir de quand l’enfant possède-t-il une âme ? Immédiatement à sa conception, au stade embryonnaire ou foetal ? Seulement à la naissance ?

Au Canada, l’avortement fût illégal jusqu’en 1969. La loi fu alors modifié pour permettre l’avortement lorsque la santé de la mère était en danger. En janvier 1988, le gouvernement décidé de revoir le tout, car la loi n’était pas appliqué de la même façon dans l’ensemble du pays.

Depuis 1989, il n’existe aucune restriction légale quant à l’avortement qui est pratiquable au cours des 9 mois de grossesse, donc jusqu’à la naissance de l’enfant. Officiellement, un avortement doit être pratiqué dans les 20 premières semaines, mais il est permis, au Canada uniquement, de le faire jusqu’à la semaine 40.

L’avortement est une chose courante, mais c’est un sujet tabou. Il existe plusieurs raisons de vouloir interrompre une grossesse. On peut penser aux femmes qui se font violer, abuser ou forcer. Il peut aussi s’agir d’un choix en lien avec une maladie ou une malformation découverte sur l’embryon ou le foetus. Il peut s’agir d’un accident et le moment est mal choisi.La mère peut aussi être dans l’impossibilié voire l’incapacité d’élever un enfant. Ça arrive aussi que, malheureusement, des femmes se serve littéralement de l’avortement comme une méthode de contraception.

J’ai décidé d’en parler, car justement c’est un sujet tabou, mais c’est aussi un sujet qui touche environ 100 000 femmes, couples et familles chaques années au pays. Je relance aussi le débat,car le 26 avril prochain, la motion 312 sera discuté aux Communes. Cette motion ne touchera pas uniquement le droit des femmes (et des couples disons-le) à l’avortement, mais aussi à la contraception. Certaines méthodes de contraception telles Plan B (pillule du lendemain) et même le stérilet perderaient tout leur sens.

Ça serait de mon avis un retour aux années 1800-1900 ou pire au Moyen-Âge. L’avortement est présent dans toutes les époques de l’humanité. Des histoires d’horreur de femmes qui s’insèrent des choses comme des cintres et des broches à tricoter dans l’utérus, il en existe des tonnes. Une femme qui déboule un escalier  »par accident », une autre qui tombe sur le dossier d’une chaise.

Rien n’empêchera une femme qui ne désire pas un enfant, de s’en débarasser.

Une amie à moi m’a même appris que c’est pour cette raison qu’on ne peut décrocher les cintres dans les hôtels et les môtels… Je trouve cela tellement logique.

Dans l’époque fin 1800-début 1900, il y avait les  »faiseuses d’ange ». Il s’agissait souvent des premières sages-femmes de la colonie, qui acceptait, dans le secret le plus absolu de délivrer une femme. Ces femmes étaient sans le sous, avec déjà trop de bouches à nourrir. La contraception à fait sont arrivée dans le même temps, mais le condom était une chose dispendieuse, en provenance de la France et encore une fois, tabou. Si par malheur, le curé devait apprendre qu’un couple utilisait un contraceptif, ils étaient bon pour être excommuniés.

Voici venu le moment où je prends position.

J’ai moi-même été contre l’avortement longtemps. Très longtemps. Je me rapelle ce fameux cours de français en secondaire 5 où j’avais cloué le bec à tout le monde,  y comprit la prof.
J’avais présenté ce vidéo (ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR) :

Ce vidéo montre des images difficiles à regarder de foetus, plus ou moins complet. Des images d’embryons déchiquetés, de foetus encore vivant,  bref des images dégeux.
J’avais aussi des textes et des arguments de bétons contre l’autre équipe.J’ai gagné mon débat.

Je suis consciente qui existe plusieurs autres solutions à l’avortement. L’adoption en est une.
Mais croyez-vous hônnetement qu’une jeune fille de 13 ans, qui a été violé par son père désire porter et mettre à terme cet enfant… ?

Mais encore une fois, il s’agit d’un débat de valeurs et de conscience moral. C’est le genre de débat où personne n’est gagnant. Au fond de nous,  nous avons nos propres idéologies, nos propres convictions.

Voici la section où je brise les tabous.

Il y a 2 ans et demi, j’ai été confronté à ce choix. Ce fut la décision la plus difficile de toute ma vie. J’avais 18 ans, j’étais en couple depuis peu et j’utilisais la pillule contraceptive. Il ne faut pas oublier quand la seule méthode contraceptive qui fonctionne à 100% c’est l’abstinence. J’ai eues mes règles de façons normales, mais j’ai commencé à prendre du poid, j’avais des nausées le matin et un intense mal aux seins. 1+1=2. J’ai du me rendre à l’évidence que quelque chose clochait. Au fond de moi, je n’avais pas besoin de passer un test de grossesse , je le savais.

Mais le soir même, j’ai avisé mon copain. J’avais déjà acheté le test de  grossesse. On a fait ça  »en couple », bref je suis pas arrivé devant lui avec le fait accompli. Viens alors le moment d’attente le plus long de notre existence et tout ce que cela peut engendré. Une fois la confirmation faite, nous avions une grande discussion qui allait commencer. Chacun y alla de ses craintes, de ses valeurs, de ses idées. On fit une liste même. C’est le genre de décision qui ne se prends pas en une seule journée, mais en même temps, je devais en avertir mon travail. Je vous épargne le processus de décision, mais au final, nous avons choisi de ne pas le garder. Cela remettait en question toutes mes valeurs, ce fut un choix extrêmement difficile pour moi. Je suis contre les filles qui disent que c’est leur corps et prennent ce genre de décision sans en parler à l’homme concerné, alors j’ai du faire moi-même un compromis.

Viens alors le moment où tu prends ton rendez-vous, où l’infirmière là-bas te passe presque un interrogatoire sur les raisons de ton choix. Ce moment où tu connais la date et tu anticipes. Ce délais où tu voudrais changer d’idées et t’enfuir avec cette poussière d’ange à l’autre bout du monde… C’est aussi le moment où les hormones ont commencés à agir, où j’avais déjà pris du poid. Il fut difficile pour moi de le cacher… Au travail, les gens étaient au courant. J’ai eu droit à des critiques et des reproches, mais au fond, cette décision ne regarde que nous.

La journée de l’avortement, ma mère et mon ex-copain étaient présent. Je trouvais important d’en parler à ma mère et étrangement, ce moment nous a rapproché. Elle m’a avoué avoir déjà passé par là elle aussi… Le genre de chose qu’elle ne m’aurait probablement jamais dit en d’autres circonstances.

L’intervention proprement dite s’est bien déroulé. Normalement,, les personnes sont consciente, mais j’ai perdu la carte. Je me suis donc réveillé plus tard, en salle de repos. 1 biscuit sucré, un petit jus, 2-3 questions par l’infirmière et s’est terminé. Retour à la maison.

Après tout ça, j’avais l’impression que j’étais prête à tourner la page. Mais non. Le processus de deuil s’enclenche. Je voyais une femme enceinte, je pleurais. Et étrangement, j’en ai jamais vu autant de toute ma vie en si peu de mois.

Mais ce n’est pas tout, j’ai eu des complications post-opération. L’enfer recommençait. J’ai du prendre des comprimés pour provoquer des  contractions, en arrêt de travail pendant près d’1 mois. Bref, tout pour être incapable de passer à autre chose et continuer à avancer. Déjà que je devais marchander avec ma propre conscience sur le geste que je venais de poser, mon corps ne cessait de me le rapeller.

À chaque année, j’ai une pensé pour ce petit être qui n’a pas vu le jour. Je me surprend à penser ce que la vie aurait pu être s’il avait été là.

Je continue jour après jour à dealer avec ma conscience.
Je ne suis pas ici pour me faire juger, mais pour aider d’autres gens. L’avortement c’est tabou, mais il faut en parler. On ne sait jamais quand cela peut nous arriver.

Vous aussi les gars, vous ne savez pas.

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